Doit-on avoir peur de l’IA ?
C’est LA mise à jour de l’été et vous n’avez pas pu passer à côté si vous utilisez Google comme moteur de recherche comme 89% des Français en 2025 : lorsque vous posez une question, c’est désormais l’intelligence artificielle qui vous répond en compilant les ressources les plus pertinentes du web sur le sujet. C’est pratique, rapide et souvent très pertinent : vous cherchez « est-ce dangereux de mettre du vernis semi-permanent » et vous obtenez en quelques secondes un mini-exposé sur le sujet qui devrait vous faire passer l’envie de vous laisser tenter. Ironiquement, si vous cherchez à la place « est-ce une bonne idée de mettre du vernis semi-permanent », la réponse IA de Google devrait vous rassurer puisqu’elle laisse de côté tous les risques pourtant mis en avant dans la première recherche.
Conclusion ? Je ne suis pas prothésiste ongulaire – et je ne veux pas d’ennuis – mais ce petit test pose question : Peut-on faire confiance à l’IA ? Et surtout, pourquoi, alors que tant d’entre nous sommes convaincus du contraire (56% des Français en 2025), lui accordons-nous tant de place dans notre quotidien ?
Vivre avec l’intelligence artificielle, un enjeu individuel et collectif
Si elle a pris tant de place dans notre quotidien ces dernières années, l’intelligence artificielle n’a pourtant pas été inventée à l’aube du XXIème siècle. La Seconde Guerre mondiale marque, en ce sens des progrès majeurs et le début de la recherche sur le sujet. Ces dernières années ont vu les compétences des Intelligences Artificielles (IA) se développer à toute vitesse, au point de dépasser parfois leur maître. Mais ces usages, largement démocratisés depuis que l’IA a été rendue accessible au grand public ont des impacts, positifs et négatifs, sur notre quotidien, nos compétences cognitives et font émerger des nouveaux enjeux sociaux et sociétaux qui nous concernent tous.
Aux origines d’un miracle technologique devenu omniprésent
Le terme d’IA a été utilisé pour la première fois lors d’une conférence au Dartmouth College en 1956. A cette époque, les recherches s’appuient sur les travaux de mathématiciens pionniers en informatique qui, s’inspirant des recherches et des découvertes sur le fonctionnement du cerveau humain, étudient et s’intéressent à la possibilité de créer des « machines pensantes ».
De Turing aux premiers ordinateurs : un demi-siècle d’inventions
Si vous êtes un de mes anciens élèves, et si on ne tient pas compte de la faible probabilité que vous passiez par ici, que vous lisiez cet article et que vous ayez été attentif en cours, vous savez sans doute qui était Alan Turing. Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de faire de la cryptographie en 3e, vous avez peut-être découvert l’histoire de ce mathématicien de génie au cinéma avec le film Imitation Game. En créant une machine capable de tester des millions de combinaisons, Alan Turing a aidé les Alliés, pendant la guerre, à décrypter les messages de l’armée allemande en perçant le système de codage de leur machine Enigma. Il est le premier, en 1950, à prédire que d’ici le début du XXIème siècle, il ne sera plus possible de distinguer une réponse artificielle d’une réponse humaine. La même année, il propose le « jeu de l’imitation » ou Test de Turing qui permet de tester les compétences d’une machine à répondre comme un humain.
A partir de 1956 et pendant les vingt années qui suivent, les recherches sur l’intelligence artificielle et l’informatique permettent d’augmenter la puissance de stockage et les compétences des ordinateurs. Les jeux d’échecs et de dames ainsi que les mathématiques sont ainsi à l’origine des premiers programmes informatiques et de progrès considérables. Les avancées scientifiques dépendent des financements fluctuants de la recherche sur le sujet et il faut attendre le début des années 2000 pour voir se développer des ordinateurs surpuissants capables de battre leurs inventeurs aux échecs (1997) ou de conduire dans le désert en toute autonomie (2005).
A l’aube du XXIème siècle
Le début des années 2000 voit l’émergence des téléphones à la technologie et aux performances en constante évolution mais également l’apparition d’assistants personnels intelligents. Siri chez Apple, Cortana chez Microsoft ou encore Alexa chez Amazon prennent ainsi progressivement leur place dans le quotidien. Ces premières IA n’ont pas vocation à réfléchir ou rédiger. Elles sont cantonnées à des tâches d’exécution à partir de consignes répertoriées dans une base de données infinie.
A partir des années 2010, profitant de la puissance des ordinateurs modernes et de l’explosion de la quantité de données disponibles sur Internet, la recherche revient à ses fondamentaux : elle s’inspire du système de communication électrique neuronal pour développer un réseau artificiel de neurones. Ce dernier est dit autonome dans le sens où il n’est plus nécessaire de programmer manuellement toutes les règles : l’IA apprend à partir des données qui sont disponibles sur Internet. On parle de Deep Learning.
En 2017, des chercheurs de Google publient Attention is all you need, un article fondateur des modèles conversationnels tels qu’on les connaît aujourd’hui. Les IA ne se contentent plus d’analyser les données mais les transforment en tenant compte du contexte global de la question et des données (elles y font attention) pour produire une réponse construite, argumentée, logique et, de plus en plus humaine. On parle d’IA générative.
Longtemps cantonnés aux entreprises ou à la recherche scientifique pour des questions financières, les progrès de l’intelligence artificielle sont désormais rendus accessibles au grand public.
L’avenir de l’IA
Les agents conversationnels sont de plus en plus nombreux, de plus en plus efficaces et prennent de plus en plus de place dans le quotidien personnel et professionnel : en 2024, un tiers des français l’utilisait ainsi dans l’une ou l’autre de ces deux sphères. Les hommes et les jeunes générations sont globalement plus optimistes sur son usage que les femmes et considèrent davantage l’IA comme une opportunité que comme une menace. Il y a donc fort à parier que l’utilisation de l’IA ne cessera de gagner du terrain dans les années à venir.
Selon IBM, entreprise spécialisée américaine, l’IA ne sera plus seulement un modèle de langage génératif que l’on interroge de façon délibérée mais une assistance permanente, omniprésente et invisible. Les interactions naturelles se multiplieront, par la voix, le geste ou le regard. Les agents IA seront en mesure de réaliser des tâches complexes de bout en bout, notamment en progressant sur leur propre système de réflexion et en gagnant en fiabilité et en précision. L’apport de l’IA dans la recherche scientifique, notamment médicale, est déjà gigantesque. Elle progressera encore et permettra des avancées majeures. Enfin, des initiatives, comme celle de Claire Monteleoni, tentent d’employer l’IA à la lutte contre le changement climatique et à l’adaptation des sociétés aux problématiques environnementales.
Les progrès et développements à venir auront donc pour défi majeur de rendre l’IA plus performante, plus fiable, de la mettre – ça ne coûte rien d’être optimiste – au service du bien commun, au sens philosophique du terme, c’est-à-dire dans un objectif de progrès social et moral et de vivre ensemble.
L’histoire de l’IA ne s’inscrit pas à l’échelle de ces dix dernières années, ni même du XXIè siècle. L’intelligence artificielle telle que nous la connaissons aujourd’hui est le fruit de plusieurs décennies de recherches, de découvertes et de progrès. Comme tous les bouleversements technologiques passés, elle engendre un certains nombre de réticences, de conséquences et de nouveaux enjeux dont il convient de tenir compte.
Réfléchir et apprendre à l’ère de l’IA
Il n’est pas besoin d’être enseignant ou psychopédagogue pour prendre conscience des conséquences de l’usage de l’IA dans le domaine des apprentissages et du raisonnement, en particulier ces derniers mois. Sur les réseaux sociaux où se multiplient les publications IA, dans les copies et même dans les mails, l’IA est partout. Mais qu’en est-il, alors, de notre capacité à réfléchir, apprendre et s’exprimer ?
Apprendre et raisonner
Sans doute avez-vous pris l’habitude, ces dernières années, d’utiliser un GPS disponible sur votre téléphone pour vos trajets quotidiens aussi bien que pour d’autres, plus occasionnels, en vacances. Peut-être même avez-vous remarqué que vous aviez, parallèlement, davantage de difficultés à retenir un itinéraire, même après l’avoir emprunté plusieurs fois ? Des études ont en effet prouvé que l’usage régulier du GPS avait un impact sur les capacités de repérage et de mémoire spatiale.
Le cerveau, qu’il s’agisse de se repérer dans votre ville, d’apprendre à réaliser une recette ou à résoudre une équation du second degré, fonctionne sur le principe de l’essai-erreur pour construire une représentation mentale de l’itinéraire à suivre afin d’atteindre un objectif : si je prends telle rue, j’arrive à tel endroit ; si je commence par le lait, j’aurai davantage de grumeaux ; si je commence par diviser tous les termes de mon équation, ce sera plus difficile…
A chaque erreur, le cerveau reconfigure la carte mentale qu’il est en train de construire afin que l’hypothèse erronée ne soit pas testée la fois suivante. L’utilisation du GPS ou de l’IA court-circuite le principe de l’essai-erreur en empêchant la formulation d’hypothèses et en supprimant donc l’étape indispensable au cours de laquelle l’apprenant se trompe et recommence.
De la même manière, le raisonnement, aussi bien mathématique que démonstratif, implique la sollicitation des informations stockées en mémoire afin de construire une réponse organisée qui, d’une hypothèse, aboutit à une conclusion. En sollicitant l’IA pour construire une fiche de cours, pour synthétiser un document ou pour réaliser une tâche à votre place, vous n’apprenez plus, vous ne raisonnez plus et vos cartes mentales ne se mettent plus à jour.
Rechercher et confronter
Le raisonnement ne s’enrichit pas seulement des bonnes stratégies à appliquer. La recherche d’informations, le travail de confrontation des sources et des informations font également partie des processus indispensables à l’enrichissement de notre base de données et de notre réseau neuronal.
Avant l’IA, avant Wikipédia, et je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, le travail de recherche était long, coûteux, il obligeait à multiplier les sources, à remonter le fil d’un raisonnement pour trouver d’autres livres, d’autres ressources qui répondaient aux questions qui surgissaient au fur et à mesure. C’était frustrant, cela demandait de la persévérance et du temps mais d’un point de vue pédagogique, un tel cheminement était l’occasion de créer des liens entre les informations, de leur donner un sens global. Aujourd’hui, l’IA fait ce travail à notre place et nous épargne autant qu’elle nous prive de ce travail fastidieux mais, ô combien, satisfaisant.
Plusieurs études ont été menées afin d’étudier la méthodologie de recherche et l’impact de celle-ci sur deux groupes d’étudiants : dans un premier cas, les élèves ont le droit d’utiliser l’IA générative, dans le second, ils doivent se contenter des résultats Google. Ces études ont démontré que le temps consacré aux recherches était moindre chez les étudiants autorisés à utiliser l’IA et que leurs réponses étaient plus concises, moins étayées. Parallèlement, les étudiants qui avaient cherché les réponses grâce à différentes sources sur Internet étaient davantage capables de restituer les connaissances acquises.
Paradoxalement, la synthèse fluide proposée par l’IA d’un ton affirmé et la confiance que nous accordons à cet outil renforcent l’illusion de maîtrise : notre cerveau confond la clarté du texte avec sa propre compréhension et maîtrise du sujet.
Rédiger et s’exprimer
S’il est bien une maxime que j’ai trop entendue plus jeune et que j’affectionne pourtant aujourd’hui, au point de l’avoir déjà citée sur le blog, c’est celle de Nicolas Boileau : Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Mais si c’est ChatGPT qui conçoit bien ce que je lui ai demandé, suis-je en mesure de l’énoncer clairement ?
Un de mes élèves avait produit, il y a quelques mois, un exposé sur les ZFE qu’il devait présenter à l’oral. Plus exactement, l’IA avait généré un exposé. Il voulait s’entraîner à l’oral et m’a donc présenté son exposé comme il l’aurait fait en classe. Et comme l’aurait probablement fait son enseignant, je lui ai demandé, lorsqu’il a eu terminé : « Qu'est-ce qu'une ZFE ? ». Il n’a pas su répondre à cette question. Il avait présenté un exposé d’une dizaine de minutes et il ne savait même pas ce que signifiait l’acronyme en question. Il ne s’agit pas ici de le blâmer. Je l’ai pris en exemple mais j’en ai eu d’autres ces derniers mois qui, par manque de temps, d’envie aussi, ont utilisé l’IA pour réviser leurs leçons ou pour synthétiser le cours d’histoire un peu trop long.
Il ne s’agit pas, ici, d’être contre une nouvelle technologie simplement parce qu’elle est nouvelle mais plutôt d’interroger son impact, de plus en plus documenté, sur nos compétences cognitives. Une étude du MIT Média Lab suggère que les étudiants utilisant l’IA générative sollicitent moins leurs compétences de recherche sémantique (recherche du vocabulaire, construction des phrases) et de planification (organiser une recherche ou un écrit). Ces étudiants, une fois privés de l’IA, ne parviennent plus à rédiger des textes seuls, suggérant qu’il existe une forme de « dette cognitive » qui s’accumule avec l’utilisation des agents conversationnels.
Si l’IA générative représente un formidable assistant pour les apprentissages, ses conséquences sur nos capacités cognitives (mémoire, raisonnement, planification) sont de plus en plus documentés et mettent en évidence une dette cognitive, à savoir un affaiblissement des compétences et des processus d’apprentissages qui s’accompagne d’un net recul de l’esprit critique.
Les enjeux sociaux et sociétaux de l’IA
En écrivant cet article, je suis retombée sur cette citation de Flannery O’Connor, romancière américaine : « J’écris parce que je ne sais pas ce que je pense tant que je n’ai pas lu ce que je dis » et si cette citation a presque le même âge que l’IA, elle résume parfaitement les enjeux sociétaux actuels de l’IA : Sommes-nous encore capables de penser par nous-mêmes ? Sommes-nous encore en mesure de nous exprimer sans ChatGPT, Claude ou Gemini pour reformuler nos mails et nos SMS ?
Etre soi à l’heure de l’IA
Si vous avez déjà utilisé ChatGPT et ses amis pour vous conseiller sur une situation conflictuelle, un désaccord ou encore un comportement peu reluisant, il est fort probable que vous ayez refermé l’application avec une assurance renouvelée et la certitude d’avoir raison.
Des chercheurs de Stanford ont, en effet, prouvé que les agents conversationnels que nous utilisons souffrent du biais de complaisance, autrement dit d’une volonté constante de faire plaisir à leur interlocuteur afin d’être bien vu. Certaines publications sur les réseaux sociaux ironisaient d’ailleurs sur la tendance, sensiblement agaçante, de ChatGPT à répondre systématiquement : « C’est une excellente question, merci de la poser ! » à tout ce que vous lui demandiez, y compris quand il s’agissait simplement d’avoir une idée pour le repas du soir.
Si l’exemple peut faire sourire, l’étude fait un constat plus inquiétant : l’IA a bien plus souvent tendance à approuver également des comportements moralement répréhensibles (laisser ses déchets dans un parc sans poubelle) voire illégaux (falsifier des documents) que des interlocuteurs humains. Pire encore, les participants à l’expérience ont préféré les IA complaisantes et flatteuses plutôt que celles qui les contredisaient ou les réprouvaient.
Les conséquences de cette tendance à la flatterie sont bien plus désastreuses qu’il n'y paraît : en plus de nous rendre potentiellement insensibles à la critique et intolérants à la frustration, elle provoque, en particulier chez les plus jeunes, des comportements d’addiction et tend à nous isoler les uns des autres.
Etre en société
Les adolescents sont les premiers concernés par ces comportements délétères : selon une étude américaine, un quart d'entre eux utilisent l’IA comme soutien ou confident émotionnel et 10% d’entre eux adoptent des comportements obsessionnels (se confier, vouloir absolument lui parler de quelque chose, sécher les cours…). Plusieurs plaintes ont d’ailleurs été déposées contre les entreprises qui se cachent derrière les IA pour incitation au suicide après que des adolescents se sont donnés la mort, sur les conseils ou avec l’approbation de leur confident numérique.
Les IA sont partout et s’immiscent même dans nos relations amoureuses et intimes. En 2026, une étude réalisée sur 500 000 requêtes adressées à ChatGPT et choisies aléatoirement a montré que 10% d’entre elles portaient sur de la création de contenus sexuellement explicites. Certaines IA, spécialisées dans ce type de contenus, rencontrent ainsi un grand succès et totalisent plusieurs millions d’utilisateurs quotidiens. Confident(e), petit(e)-ami(e) virtuel(le) ou encore partenaire idéal(e), les agents conversationnels répondent à un besoin d’une société dans laquelle la solitude est omniprésente. Le problème ? Ces relations numériques ne souffrent d’aucune contradiction et évitent à celui qui la noue de prendre le risque bien réel de se lier à un être humain susceptible de l’aimer mais aussi… de le rejeter.
La promesse de l’IA d’un confident, d’un conjoint ou encore d’un monde façonné selon nos propres désirs et nos envies accentue le risque de dépendance, à tout âge, ainsi que celui de vivre dans une société moins réelle que fantasmée ou manipulée.
Faire société
Il n’a, en effet, jamais été aussi simple de manipuler les opinions et les individus que depuis l’avènement de l’IA. Les réseaux sociaux, déjà fertiles aux théories complotistes, sont submergés de publications, d’images et de vidéos créées de toutes pièces. De l’inoffensif chaton qui parle aux annonces publicitaires toutes identiques en passant par les publications à rallonge toutes rédigées de la même façon, il est aisé d’y voir une dérive sans conséquence d’un outil trop performant soudain accessible à tous.
Ce serait pourtant laisser de côté le coût écologique problématique de l’IA et ses conséquences sur notre avenir : une étude publiée début août 2026 évoque ainsi une explosion des émissions de CO2 liée au renforcement de l’exploitation des énergies fossiles. Dans le même temps, et alors que la France sort à peine de l’été le plus chaud de son histoire et que les ressources en eau ont atteint des seuils critiques dans de nombreux départements, les data-centers consomment des quantités d’eau astronomiques pour fonctionner mais aussi pour maintenir des températures acceptables. On estime ainsi à 560 milliards de litres d’eau la consommation mondiale en eau des data centers en 2023. Selon Nature Finance, en février 2025, 45% des data-centers français étaient implantés dans des bassins fluviaux ou la disponibilité en eau était considérée comme à risque.
Ce serait nier aussi l’usage de certains chefs d’état, d’Etats ou encore de formations politiques dont les intentions n’ont rien de louable. Plusieurs groupes de réflexion (think-tank en anglais) tentent d’alerter sur le risque que représente l’IA pour la démocratie en permettant de générer de fausses vidéos pour discréditer certaines personnalités politiques. Le constat des études menées par ces think-tank est souvent le même : l’extrême-droite, à l’échelle européenne mais aussi aux Etats-Unis, est la première à exploiter ces formidables outils de discorde et de manipulation que sont l’IA et les réseaux sociaux.
A l’heure d’enjeux collectifs essentiels pour notre avenir, qu’ils soient économiques, (géo)politiques, démocratiques ou écologiques, l’éducation et la sensibilisation à un usage raisonné et raisonnable de l’IA par nos générations et celles à venir sont plus que jamais d’actualité.
Les enjeux de l’IA viennent s’ajouter à ceux, déjà connus et documentés, des réseaux sociaux et de notre usage du numérique en général. Il ne s’agit plus seulement d’enjeux cognitifs individuels mais bien d’enjeux sociaux et de santé mentale, de relation à soi, aux autres et de la société dans laquelle nous évoluons aujourd’hui et de celle qu’elle est appelée à devenir à une époque où la réflexion et la liberté de pensée sont peut-être, plus que jamais, en danger.




































